Créer une Sàrl à Genève : ce qui coûte, ce qui prend du temps, et ce qu’on regrette après.
Montants et règles vérifiés au 21 septembre 2026.
La constitution elle-même est une formalité bien rodée. Ce qui se paie plus tard, ce sont les décisions prises en dix minutes chez le notaire : la répartition des parts, l’exercice social, le but statutaire.
Sàrl ou SA : la vraie différence
Le capital minimal d’une Sàrl est de 20 000 francs, et il doit être entièrement libéré. Celui d’une SA est de 100 000 francs, dont la moitié au moins doit être versée à la constitution.
La différence qui compte réellement est ailleurs : les associés d’une Sàrl sont inscrits nominativement au registre du commerce, donc publics. Les actionnaires d’une SA ne le sont pas. Et une part de Sàrl se cède par contrat écrit avec l’accord de l’assemblée, là où une action se transmet beaucoup plus simplement.
Autrement dit : la Sàrl est moins chère à constituer et plus lourde à faire circuler. Si vous envisagez de faire entrer quelqu’un au capital dans deux ans, ce point pèse plus que les 80 000 francs d’écart.
Les étapes, dans l’ordre
Aucune n’est compliquée. Elles s’enchaînent mal quand on les prend dans le désordre.
- Vérifier la disponibilité de la raison sociale et la conformité du nom.
- Ouvrir un compte de consignation auprès d’une banque et y verser le capital.
- Rédiger les statuts, puis passer l’acte constitutif devant notaire.
- Déposer l’inscription au registre du commerce du canton de Genève.
- Une fois l’inscription publiée, débloquer le capital sur le compte courant de la société.
- Affilier la société à une caisse de compensation AVS, et souscrire la LAA dès le premier employé.
- Examiner l’assujettissement à la TVA : obligatoire dès 100 000 francs de chiffre d’affaires annuel, possible par option en dessous.
Comptez quelques jours entre l’acte notarié et la publication, à condition que le dossier soit complet. Ce qui fait traîner, c’est presque toujours la banque, pas le registre.
Les choix qu’on regrette
Ce sont toujours les mêmes, et ils se corrigent ensuite au prix d’un nouvel acte notarié.
- Un but statutaire trop étroit, qu’il faut modifier dès que l’activité évolue.
- Une répartition des parts à parts égales entre deux associés, sans convention prévoyant la sortie de l’un d’eux.
- Un exercice social calé sur l’année civile alors que l’activité est saisonnière.
- Un capital fixé au minimum légal alors que les premiers mois consomment davantage : la société démarre en sous-capitalisation.
- Une domiciliation chez un tiers sans contrat écrit, ce qui pose problème au premier contrôle.
Aucun de ces points ne coûte quoi que ce soit à traiter au moment de la constitution. Tous coûtent un acte notarié après.
Ce qui commence le jour de l’inscription
La société existe, donc ses obligations aussi.
- La comptabilité, en partie double dès la première écriture pour une Sàrl.
- Les décomptes de salaires et les annonces aux caisses, dès le premier salaire versé, y compris celui du gérant.
- Les décomptes TVA, si l’assujettissement est acquis.
- La première déclaration fiscale de la société, puis la déclaration personnelle des associés qui perçoivent salaire ou dividende.
C’est là que se joue la différence entre une société bien tenue et une société qu’il faudra rattraper : les trois premiers mois donnent le pli des trois premières années.
Peut-on créer une Sàrl seul ?
Oui. Une Sàrl peut être constituée par un associé unique, qui peut aussi être le gérant. L’exigence pratique restante est qu’une personne domiciliée en Suisse puisse représenter la société.
Le capital de 20 000 francs est-il bloqué ?
Il est bloqué sur un compte de consignation jusqu’à l’inscription au registre du commerce, puis il est libéré et devient le capital de travail de la société. Il n’est pas immobilisé : il finance l’activité.
Faut-il un organe de révision ?
Une petite Sàrl peut y renoncer si elle remplit les conditions de l’opting-out, notamment un effectif limité et l’accord de tous les associés. C’est une décision à prendre à la constitution, pas trois ans plus tard.
Et si je commence comme indépendant ?
C’est souvent le bon ordre : on teste l’activité en raison individuelle, puis on transforme. La transformation se prépare, parce que le passage en Sàrl a des conséquences fiscales sur les réserves latentes.
Avant de passer chez le notaire.
Une heure pour cadrer le but, la répartition, l’exercice social et le capital évite la plupart des actes correctifs. Dites-nous où vous en êtes.